Bernard Cérange, cartographe de la SFO Rhône-Alpes pour le département de la Loire nous avait proposé de nous faire découvrir l’Epipogon sans feuilles ou encore l’Epipogon d’Eurasie, dont la seule station connue dans la Loire se situe, bien cachée, dans les bois de la commune de Sauvain.

Enthousiasmés de découvrir cette rare Orchidée, inscrite sur la liste rouge des espèces menacées en France et protégée sur l’ensemble du territoire national, Anne-Clotilde, Anne-Marie, Béatrice, Catherine, Gisèle, Mireille, Victoria et Jean-Jacques étaient fidèles au rendez-vous, sous un soleil radieux.

Vous trouverez ci-dessous d’assez nombreuses photos de cette Orchidée mais aussi, grâce à la collaboration de Mireille, quelques photos permettant de caractériser l’écologie de cette plante et l’illustration de quelques taxons observés lors de cette sortie.

Commençons donc par l’objet de notre sortie, Epipogium aphyllum, et illustrons son biotope…

Ici nous nous trouvons sous des hêtraies-sapinières sur socle cristallin (Granite du Velay) dont la dernière glaciation a contribué à façonner ces éboulis de pente à gros éléments arrondis.
Ici nous nous trouvons sous des hêtraies-sapinières sur socle cristallin (Granite du Velay) dont la dernière glaciation a contribué à façonner ces éboulis de pente à gros éléments arrondis.
Les blocs rocheux sont omniprésents mais le plus souvent dissimulés sous une épaisse couche de mousses diverses, rendant la progression pédestre pour le moins délicate...
Les blocs rocheux sont omniprésents mais le plus souvent dissimulés sous une épaisse couche de mousses diverses, rendant la progression pédestre pour le moins délicate…
Mais ici, l'eau est omniprésente malgré la période de sécheresse sévère. Ce sont les rives des nombreux petits ruisseaux qu'affectionne l'Epipogon.
Mais ici, l’eau est très présente malgré la période de sécheresse sévère. Ce sont les rives des nombreux petits ruisseaux qu’affectionne l’Epipogon.
Hampe d'Epipogium aphyllum. Comme son nom l'indique, cette orchidée ne porte aucune feuille sur sa tige ni sous forme de rosette basale, tout juste une petite gaine tronquée et écartée de la tige.
Hampe d’Epipogium aphyllum. Comme son nom l’indique, cette orchidée ne porte aucune feuille sur sa tige ni sous forme de rosette basale, tout juste une petite gaine tronquée et écartée de la tige.
L'inflorescence est lâche et porte de 1 à 3 ou 4 fleurs courtement pédicellées et pendantes.
L’inflorescence est lâche et porte de 1 à 4 ou 5 fleurs courtement pédicellées et pendantes.
Elle peut apparaître solitaire ou en groupe de plus de 20 tiges. Une caractéristique saute immédiatement aux yeux : sa couleur blanchâtre, voire translucide. Ce fait est dû à l'absence de chlorophylle dans tous ses organes.
Elle peut apparaître solitaire ou en groupe de plus de 20 tiges. Une caractéristique saute immédiatement aux yeux : sa couleur blanchâtre, voire translucide. Ce fait est dû à l’absence de chlorophylle dans tous ses organes. Elle est donc mycohétérothophe, ce qui signifie qu’elle a établi une relation symbiotique parasitaire avec des champignons et donc des arbres proches grâce à laquelle elle se procure ses nutriments indispensables à son développement.
Mais cette Orchidée a encore de quoi nous surprendre... alors que la plupart d'entre-elles portent des fleurs résupinées, c'est à dire qu'elles ont accompli une rotation à 180 degrés, amenant le labelle en position basse (alors que le labelle est en fait le pétale supérieur), Epipogon échappe à cette règle puisqu'il présente son labelle en position supérieure.
Mais cette Orchidée a encore de quoi nous surprendre… alors que la plupart d’entre-elles portent des fleurs résupinées, c’est à dire qu’elles ont accompli une rotation à 180 degrés, amenant le labelle en position basse (alors que le labelle est en fait le pétale supérieur), Epipogon échappe à cette règle puisqu’il présente son labelle en position supérieure.
On observe ici clairement le gros éperon en forme de sac tourné vers le haut, de même que le labelle muni de deux lobes latéraux (ici on n'en observe qu'un). Le lobe principal est concave et crénelé sur les bords.
On observe ici clairement le gros éperon en forme de sac tourné vers le haut, de même que le labelle muni de deux lobes latéraux (ici on n’en observe qu’un). Le lobe principal est concave et crénelé sur les bords.
Ici vu de face, le labelle dressé et deux ou trois rangs de faibles crêtes tintées de rouge.
Ici vu de face, le labelle dressé et deux ou trois rangs de faibles crêtes teintées de rouge.
Vue sur le dessus, les éléments du périanthe sont peu écartées, presque égales et lancéolées.
Vue sur le dessus, les éléments du périanthe sont peu écartés, presque égaux et lancéolés.
Epipogium aphyllum en formation plus dense.
Epipogium aphyllum
Epipogium aphyllum en formation plus dense.
Epipogium aphyllum en formation plus dense.

Ainsi qu’indiqué plus haut, l’Epipogium aphyllum est toujours en lien assez étroit avec l’eau qui court dans chaque petit ruisselet. Les pieds sont souvent à moins d’un mètre de l’eau et émergent du tapis de mousse sous laquelle se développe une souche rameuse coralliforme (forme du corail).

Ci-dessous autres plantes observées par ordre alphabétique.

Aconitum napellus L.
Aconitum napellus L. habitué des bois humides
Aconitum napellus L. Belles fleurs de couleur bleu-foncé, en forme de casque
Aconitum napellus L. Belles fleurs de couleur bleu-foncé, en forme de casque
Centaurea nigra L. ou Centaurée noire.
Centaurea nigra L. ou Centaurée noire.
Galeopsis tetrahit L. ou Ortie royale (ici la forme blanche )
Galeopsis tetrahit L. ou Ortie royale (ici la forme blanche )
Galeopsis tetrahit L. ou Ortie royale (ici la forme purpurine)
Galeopsis tetrahit L. ou Ortie royale (ici la forme purpurine)
Gnaphalium sylvaticum L. ou Gnaphale des bois.
Gnaphalium sylvaticum L. ou Gnaphale des bois.
Gymnocarpium dryopteris (L.) Newman ou Fougère du Chêne
Gymnocarpium dryopteris (L.) Newman ou Fougère du Chêne
Hieracium umbellatum L. ou Epervière en ombelle.
Hieracium umbellatum L. ou Epervière en ombelle.
Hieracium umbellatum L. ou Epervière en ombelle.
Hieracium umbellatum L. ou Epervière en ombelle.
Luzula sylvatica (Huds.) Gaudin ou Grande Luzule
Luzula sylvatica (Huds.) Gaudin ou Grande Luzule
Neottia cordata (L.) Rich. ou Listère à feuilles cordées.
Neottia cordata (L.) Rich. ou Listère à feuilles cordées. Cette Orchidée est rare et se rencontre dans les bois humides et froids (moins de 20°C) des hautes montagnes, parmi les mousses et sur les troncs pourris des Conifères : Vosges, Jura, Alpes, Forez et Auvergne, Pyrénées.
Neottia cordata (L.) Rich. ou Listère à feuilles cordées.
Neottia cordata (L.) Rich. ou Listère à feuilles cordées. Fruits en formation.
Prenanthe purpurea L. ou Prénanthe pourpre. Astéracée fréquente des bois des montagnes de l'Est et du Plateau Central.
Prenanthe purpurea L. ou Prénanthe pourpre. Astéracée fréquente des bois des montagnes de l’Est et du Massif central.
Rumex arifolius All ou Rumex à feuilles d'Arum. Noter les feuilles caulinaires allongées et embrassantes. Se rencontre dans les bois et ravins des hautes montagnes : Vosges ; Jura ; Alpes ; Forez, Auvergne, Pyrénées ; Corse.
Rumex arifolius All ou Rumex à feuilles d’Arum. Noter les feuilles caulinaires allongées et embrassantes. Se rencontre dans les bois et ravins des hautes montagnes : Vosges ; Jura ; Alpes ; Forez, Auvergne, Pyrénées ; Corse.
Senecio ovatus subsp. alpestris (Gaud) Herborg ou Séneçon de Fuchs. Pousse dans le Jura, les Alpes et le Massif Central large.
Senecio ovatus subsp. alpestris (Gaud) Herborg ou Séneçon de Fuchs. Pousse dans le Jura, les Alpes et le Massif central large.
Sphagnum nemoreum Scop. ou Sphaigne (à confirmer)
Sphagnum nemoreum Scop. ou Sphaigne (à confirmer)
Stellaria graminea L. ou Stellaire à feuilles de graminées
Stellaria graminea L. ou Stellaire à feuilles de graminées
Struthiopteris spicant (L.) Weiss ou Blechnum en épi. Présente la particularité de disposer de feuilles coriaces, à pétiole écailleux plus court que le limbe, longuement lancéolées, pennatiséquées : les unes stériles, étalées, courtement pétiolées, à segments oblongs rapprochés et confluents, les autres fertiles, moins nombreuses, plus longues, dressées au centre de la touffe, longuement pétiolées, à segments étroits, linéaires, écartés. Bois et lieux humides siliceux, dans presque toute la France et la Corse.
Struthiopteris spicant (L.) Weiss ou Blechnum en épi. Présente la particularité de disposer de feuilles coriaces, à pétiole écailleux plus court que le limbe, longuement lancéolées, pennatiséquées : les unes stériles, étalées, courtement pétiolées, à segments oblongs rapprochés et confluents, les autres fertiles, moins nombreuses, plus longues, dressées au centre de la touffe, longuement pétiolées, à segments étroits, linéaires, écartés. Bois et lieux humides siliceux, dans presque toute la France et la Corse.
Vaccinium oxycoccos L. ou Canneberge. Présente des feuilles très petites {5-7 mm de long sur 2-4 de large), persistantes, ovales, entières, à bords enroulés, vertes et luisantes en dessus, blanches en dessous, les fleurs sont d'un rose vif, 1-3 terminales, chacune penchée sur un pédoncule capillaire, droit, dépassant longuement les feuilles. Marais tourbeux, dans le Nord, le Nord-Est, le Centre et le Plateau central ; nul dans les Alpes, le Midi et presque tout l'Ouest.
Vaccinium oxycoccos L. ou Canneberge. Présente des feuilles très petites (5-7 mm de long sur 2-4 de large), persistantes, ovales, entières, à bords enroulés, vertes et luisantes en dessus, blanches en dessous, les fleurs sont d’un rose vif, 1-3 terminales, chacune penchée sur un pédoncule capillaire, droit, dépassant longuement les feuilles. Marais tourbeux, dans le Nord, le Nord-Est, le Centre et le Plateau central ; nul dans les Alpes, le Midi et presque tout l’Ouest.
Vaccinium oxycoccos L. ou Canneberge. Colonise les touradons de sphaigne. Ses baies sont globuleuses de 8-10 mm, rouges, à la fin noirâtres, acidulés. Marais tourbeux, dans le Nord, le Nord-Est, le Centre et le Plateau central ; nul dans les Alpes, le Midi et presque tout l'Ouest.
Vaccinium oxycoccos L. ou Canneberge. Colonise les touradons de sphaigne. Ses baies sont globuleuses de 8-10 mm, rouges, à la fin noirâtres, acidulées. Marais tourbeux, dans le Nord, le Nord-Est, le Centre et le Plateau central ; nul dans les Alpes, le Midi et presque tout l’Ouest.

Autres plantes rencontrées et non illustrées :

  • Lactuca plumieri (L.) Gren. & Godr.
  • Euphrasia officinalis L.
  • Chrysosplenium oppositifolium L.
  • Cladonia sp (lichen poussant à même le sol)
  • Adenostyles alliariae (Gouan) A. Kern.
  • Doronicum austriacum Jacq.
  • Carex echinata Murray

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