Lundi 4 et mardi 5 décembre

Départ à 8 h 30 ce matin après avoir toutefois visité le magnifique jardin de l’hôtel. Entre autres nous y avons noté un curieux arum à spathe épaisse, verte à l’extérieur, blanchâtre à l’intérieur et à spadice en forme de massue, Monstera deliciosa, mais aussi tout plein d’arbres divers, de fougères, de papyrus, joncacées et j’en passe. Maintenant nous roulons sur une piste tout au long de laquelle il est prévu d’herboriser. Pour l’instant elle traverse des cultures, de houblon surtout. A l’horizon à notre droite s’élève le Mont George, à notre gauche le Mont Kradok. Mais voici que devant nous s’envole un héron… et qu’à peine plus loin, un panneau porte la mention piste fermée. Demi-tour et, après renseignements pris, retour sur la piste qu’on peut emprunter sans problème, nous a-t-on dit. Voici donc bientôt le premier arrêt où abonde Erica densifolia et une très belle orobanchacée Melasma scabrum, une iridacée ressemblant aux montbrétias, Tritonopsis caffra, de grandes fougères à frondes de 60 cm de long, un lycopode à l’aspect de minuscule sapin vert tendre portant le nom de Lycopodiella cernua. Un second arrêt a lieu après avoir traversé la Corn River aux eaux rouges comme celles du ruisseau d’Harold Porter NBG. Quelques dizaines de mètres au-delà se trouve une petite carrière où nous voyons quelques plantes que nous ne reverrons plus et qui sont : Monopsis unidentata, Drosera aliciae, Aristea racemosa aux corolles d’un beau bleu violacé et une bruyère Erica solandra peut-être. De ce lieu nous photographions le col de Montagu. Le troisième arrêt a lieu en pleine brousse où se trouve toutefois des rails de chemin de fer. Dans la montagne toute proche (Mont Kradok), on aperçoit parfaitement la voie qu’emprunte un petit train poussif mais apprécié. C’est dans un fynbos où croissent en mélange protéacées et restionacées qu’a lieu le quatrième arrêt. Nous y notons effectivement la magnifique Cannomois virgata accompagnée d’une protea à fleurs en cônes étroits d’un blanc verdâtre. Puis c’est l’arrivée au col de Montagu où a lieu le cinquième arrêt d’où nous admirons un paysage sublime où, des watsonias rose pâle se découpent sur des monts verdoyants. Dans ces parages fleurit la fabacée qu’est Podalyria buxifolia. Et voici que sans problème nous avons parcouru la piste à la sortie de laquelle est un panneau où bien sûr est mentionné piste interdite. Un bel arbre tout proche marque en quelque sorte la fin de la piste : c’est Grevillea robusta, l’espèce la plus grande du genre, originaire d’Australie.

George : Jardin de l’hôtel King George protea

George : jardin de l’hôtel

Monstera deliciosa du jardin

Tritoniopsis caFfra : Piste Montagu

Melasma scabrum – Piste Montagu

Lycopodiella cernua – piste Montagu

Monopsis unidentata – piste Montagu

Drosera aliciae piste Montagu

Erica solandra

Col de Montagu

Voie ferrée au col de Montagu

Elegia capensis

Podalyria buxifolia

Grevillea robusta – Piste Montagu

A partir de là nous pénétrons dans le Petit Karoo. Cela se voit, tout est sec ; alors déjà un arrêt pour des plaques de mésembrianthemums de toutes sortes recouvrant le sol. Près d’eux une scrophulariacée aux jolies fleurs bleues, Aptosimum procumbens tapisse le sol. Après cet arrêt, un autre encore pour voir de près un arbre à branches aussi rouges que les fleurs qu’elles portent, Tylecodon paniculatus.

Mesembryanthemum sp

Aptosimum procumbens

Tylecodon paniculatus

Dans les parages nous pouvons encore observer Maythenus heterophylla aux longues aiguilles acérées et aux corymbes fournis de clochettes blanches. A proximité une bruniacée restera indéterminée. Nous roulons de nouveau et depuis la voiture, apercevons des élevages d’autruches de plus en plus nombreux. Rien d’étonnant puisque nous nous approchons d’Audthoorn surnommée la « capitale de l’Autruche ». A 11 h 30 nous arrivons à la ville où dans le lodge retenu pour la nuit, nous déposons nos bagages et où dans un coin du jardin nous garons la remorque. Près de la maison, un chien fou poursuit les ombres mouvantes de lui-même aussi bien que de nous tous, tout en aboyant désespérément. Nous partons alors sans tarder en direction du Swartberg Park près duquel nous devons visiter les grottes de Cango. Auparavant, nous mangeons en vitesse au « fast food » aménagé sur une terrasse d’où la vue est fort belle. Puis en attendant l’heure d’ouverture nous visitons un petit musée-magasin. Enfin nous voici dans les grottes, certes intéressantes mais pas davantage que la plupart de celles de chez nous. A 13 h 30, la visite terminée, nous repartons et bientôt apercevons des dromadaires ici domestiqués dans la province, alors que dans la Namibie frontalière beaucoup sont sauvages. Traversant maintenant un magnifique fynbos de protéacées, nous apercevons soudain un fort et superbe pin au feuillage bien fourni, Pinus patula nous dit Françoise. A côté de lui fleurit une géophyte, Cyrtanthus angustifolius. Plus loin dans un paysage tourmenté de montagnes arides, curieusement isolé dans le désert, est un massif d’une cinquantaine de conifères, serrés les uns contre les autres. Comment expliquer cela ? Mystère…

Maytenus heterophylla – Little Karoo

Bruniacée du Little Karoo

Vue depuis les Cango Caves

Au Swartberg : Claire devant Pinus patula

Cyrtanthus angustifolius au fynbos du Swartberg

Paysage du Swartberg

Au sommet où nous parvenons enfin, arrêt aussi bien pour la contemplation d’un spectaculaire paysage que pour l’herborisation parmi d’innombrables plantes. Voici tout d’abord une restionacée, Elegia persistens, une curieuse astéracée, Oedera squarrosa, deux pélargoniums aussi fascinants l’un que l’autre : le premier facilement reconnaissable, Pelargonium betulum, le deuxième plus rare et plus difficile à déterminer, Pelargonium fruticosum. Pour terminer car hélas ne devant nous éterniser en ce lieu, nous ne pouvons moins faire que de photographier Protea eximia qui par milliers, de toutes parts, nous entoure. Départ : la piste tout en serpentant s’engage dans une gorge d’un massif montagneux des plus spectaculaires et des plus ravissants. Quittant la piste nous voici sur une grande route bordée d’étendues d’euphorbes et autres plantes inconnues. Là on défriche pour créer des champs. Un babouin, triste et solitaire passe. Et nous nous retrouvons dans une gorge qui mène à une cascade de soixante mètres de haut. Près du guichet où nous devons prendre un billet pour la visite, se tient une petite exposition botanique où nous intéressent deux fabacées qui sont Aspalathus hystrix qui comme Aspalathus linearis servent à faire le « rooibos » tea. Après cette merveilleuse journée consacrée presque exclusivement à la botanique, retour à Oudthoorn où avant de regagner nos chambres nous nous arrêtons en ville au restaurant où nous dégustons entre autres, autruche et springbook délicieux. 

Elegia persistens

Pelargonium fruticosum

Pelargonium ovale

Protea eximia

Protea eximia

Montagnes du Swartberg

Odile devant la cascade de Meiringsport

Ce mardi 5 décembre, peu après le départ de Hlangana Lodge, déjà, chose inhabituelle, un premier arrêt pour admirer… une pancarte en relief. Tout près, par chance, un bel arbuste à grandes fleurs jaunes, s’avère être Rhigozum obovatum. Au-delà de Calitzdorp, dont la région est productrice d’un vin dénommé « porto », un second arrêt, nous dit Alain, pour photographier le paysage. Un 3e va nous permettre de revoir Nymania capensis mais cette fois en fruits en forme de petites lanternes et non plus en fleurs. En face, au bord de la rivière qui en bas s’écoule, tout plein de beaux arums, Zantedeschia aethiopica, indigènes en Afrique du Sud mais naturalisés même en France méridionale et en Corse à partir de cultures horticoles. En voiture de nouveau nous roulons sur la piste principale que bientôt nous quittons pour une autre par laquelle nous pénétrons dans le « vallon des sept semaines ». Les bords de la piste sont agrémentés de Pelargonium zonal qui chez nous sont les géraniums que nous cultivons fréquemment. Encore un arrêt presque en début de piste : nous sommes gâtés ! Découvrons vite ! Voici donc, jamais vu jusqu’alors, Chironia linoides. Près d’elle croissent deux petits pélargoniums : l’un déjà vu est Pelargonium fruticosum, l’autre est Pelargonium triste, ainsi nommé, j’imagine, à cause de ses fleurs ombelliformes de couleur jaune moutarde et dont les pétales sont marqués de taches d’un marron sombre devenant noir au centre. Plus nous avançons dans la gorge plus change le paysage. Pour la première fois j’aperçois sauvages cette fois, quelques Cussonia paniculata se détachant bien sur l’ocre des hauteurs voisines. Quant aux pentes des montagnes, elles sont le domaine de l’Aloe ferox : nous sommes en effet dans le Karoo central. Lors d’un énième arrêt, nous photographions une astéracée à l’aspect de chardon, peut-être Berkeya rigida. Autant cette astéracée est rude et forte, autant une apiacée voisine est fine et légère. Au vu de sa fragilité, ce pourrait être de prime abord, soit Centella virgata, soit Peucedanum ferulaceum. Dommage que je ne l’aie pas photographiée. Nous roulons désormais sans arrêt jusqu’à la fin des gorges où tout surpris devant l’ampleur et la nouveauté du paysage, il est indispensable de s’arrêter. Et nous voici devant un type de végétation tout à fait inconnu de nous tous. C’est le rénosterveld formé de vastes étendues où en masses, croît Elythropappus rhinocerotis. Les rares zones qui en sont dépourvues nous permettent de voir Gomphocarpus physocarpus, hôte du petit monarque, une fabacée en grappes jaunes parmi des feuilles oblongues, une euphorbe à tiges jonciformes, une mésembryanthémacée buissonnante constellée d’une infinité de petits capitules blancs et brillants. Les espèces de ces trois dernières plantes sont restées indéterminées par manque d’ouvrages sur le rénosterveld. Avant de nous en retourner, je ne manque pas de photographier ce paysage insolite où un pin solitaire s’est implanté. Après avoir rebroussé chemin nous rejoignons la R62 en direction de Ladysmith. A Trascol, arrêt au restaurant du Potiron où nous est servi le « bobotie » à base de viande hachée, soi-disant malais mais en réalité plat traditionnel de la région du Cap. L’après-midi nous reprenons la route et traversons un désert interrompu par endroits de plantations de pommiers, d’abricotiers, certes bien irriguées. Et nous voici à Montagu où nous empruntons l’ancienne route datant de 1850. Actuellement, elle passe sous une petite arche naturelle où un arrêt est prévu pour la photographier. Cela permet aux botanistes de prendre quelques vues de plantes comme Euphorbia mauritanica. A 16 h nous parvenons à la vallée de la Breede où s’étendent des vignobles et à 16 h 30 nous arrivons à notre hôtel de Worcester où dans la chambre des recommandations sont affichées, comme : bien mettre la sécurité à la serrure, n’ouvrir à personne, etc. Tout en bas, discutent compagnon et compagnes de voyage dans une vaste cour limitée de tous côtés par des bâtiments dont l’un d’entre eux est le restaurant.

Montagnes vers Calitzdorp

Rhigozum obovatum Outdhorn à Calizdorp

Fruits de nymania

Zantedeschia aethiopica

Chironia linoides

Pelargonium fruticosum

Pelargonium triste

Peut-être Berkheya rigida – Karoo central

Dans le Karoo central : le Renosterveld

Elythropappus rhinocerotis

Gomphocarpus physocarpa

Euphorbia mauritanica

(suite)

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