Afrique du Sud 8

Vendredi 8 et samedi 9 décembre

Quel programme enthousiasmant pour ce vendredi 8 ! Ce matin visite de l’arboretum, pour cet après-midi, celle de la réserve de Paarl Mountain et du jardin de Meul Water Wild Flowers. Mais hélas, c’est sans compter sur les élucubrations de notre guide-chauffeur qui n’en fait qu’à sa tête et dont voici le résultat. Alain nous conduit près de Paarl dominé par ses trois dômes de granite, en plein milieu du Taal Monument érigé en 1975 pour commémorer la reconnaissance officielle de l’afrikaans. Qu’en avons-nous à faire ? Nous aurions pu plutôt, continuer jusqu’au parking supérieur et gravir en un quart d’heure le sommet de Paarl Rock, ascension à la fois facile et impressionnante ! Nous aurions alors été au sein de la réserve d’un fynbos et pu y visiter l’intéressant jardin botanique. Eh bien ! Non. Gérard et moi, pour profiter du peu de temps alloué, allons donc, ensemble, photographier deux ou trois plantes jusqu’alors inconnues de nous ainsi qu’un magnifique arbre au tronc et branches tourmentés que nous pensons être Olea capensis. Au pied de leucadendrons voisins croissent des iridacées qui doivent être Geissorhyza aspera. Quant à une borraginacée à corolle d’un blanc-rosé, nous l’appelons Lobostemon fruticosus. Et encore des protées royales !

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Paarl : Dômes de granite
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Monument : africaner de Paarl
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Olea capensis au-dessus du monument de Paarl
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Lobostemon fruticosus, au-dessus de Paarl

Et c’est le départ… mais, sans l’avoir désiré, puisque Françoise l’avait fait supprimer du programme par l’agence Arts et Vie de Grenoble, nous voici contraints de visiter la KWV, puissante coopérative des vignerons réunis, créée en 1918 pour réglementer l’industrie vinicole sud-africaine. Ses celliers, les plus grands du monde, couvrent 22 ha et abritent entre autres les cinq plus gros foudres de chêne remportant eux aussi un record mondial. Le plus massif est magnifiquement sculpté de pampres de vigne et de l’inscription en afrikaans de : année 1688 des Huguenots du Cap. Bien sûr cette visite n’est pas inintéressante, mais ce n’est pas pour cela que nous sommes venus aussi loin. Et la visite terminée… obligation de passer par une boutique où on ne peut moins faire que d’acquérir quelques babioles. Au sortir du magasin, tout surpris, nous nous retrouvons tous au restaurant de la KWV où bien sûr il nous faut déjeuner. Dans l’après-midi, nous parcourons tous, sauf Alain déjà reparti, l’arboretum de Paarl, le long de la Breede River. Un temps minime nous est accordé pour la visite d’un site où cohabitent cultivées bien entendu, 650 espèces. Rien de comparable avec le temps passé pour la visite de la KWV. Combien en verrons-nous ? Une trentaine peut-être. En voici donc quelques-unes parmi celles-ci: Cunonia capensis déjà vu à Harold Porter NBG, Carissa bispinosa, arbuste vu lui aussi mais à Ariston, Bauhinia galpini aux belles fleurs roses, originaire du Natal, Podocarpus henkelii, arbre de la forêt sempervirente de montagne, Trichilia emetica de la famille des méliacées et qui fréquente le Natal, l’est du Zimbabwe, le nord du Bostwana, Protea nitida, le wagon tree, connu depuis le lendemain de notre arrivée, Ficus sur = capensis, aux fruits en énormes grappes de baies grosses comme de petites pommes, Dais cotinifolia, l’arbre aux fleurs assemblées en belles boules roses, Milletia stuhlmanii, le panga-panga du Zimbabwe et du Mozambique et deux jujubiers : Ziziphus mucronata et cordata. Quelques autres espèces ont été vues et observées, cependant non citées. Mais voici que sonne l’heure du rendez-vous : nous ne pouvons même pas prendre le temps d’aller photographier au bord de la rivière une belle plante naturalisée Sesbania punicea, fabacée originaire d’Amérique du Sud. Nous revenons sur Paarl, où devant l’église (toujours hollandaise réformée), s’arrête Alain afin que nous la photographions, car dit-il, «  c’est la seule à posséder un toit de chaume ». Et pourtant nous en verrons bien d’autres !

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Paarl KWV : tonneau
Paarl-arboretum
Paarl : l’arboretum
Bauhinia galpini – Arboretum de Paarl
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Trichilia emetica – arboretum de Paarl
Daïs cotinifolia
Daïs cotinifolia
L'église de Paarl au toit de chaume
L’église de Paarl au toit de chaume

Après quoi Alain nous emmène à la réserve d’Hottentots’Holland. Quel endroit merveilleux ! D’immenses brandes de bruyères mauves qui de loin rappellent notre callune, s’étendent indéfiniment. Puis partout autour de nous, des pentes d’herbe rase grimpent jusqu’aux rochers déchiquetés fermant l’horizon. Parfois des gorges étroites surplombées de Protea nitida et d’autres protéacées, entaillent le fynbos. Bientôt, après avoir traversé un petit pont, arrêt. Alain consciencieusement se gare puis grimpe jusqu’à un arbre calciné près duquel il s’assied. Alors les cinq dames, à pied, continuent de suivre le chemin. Quant à Gérard et moi-même revenons sur nos pas, traversons la rivière bordée de Brabejum stellatum en fleurs et où l’on peut encore admirer Elegia capensis. Plus loin, d’une rosette de feuilles vertes et luisantes, s’échappe une longue tige terminée par deux à trois ombelles : c’est l’apiacée Lichtensteinia lacera. Un petit glaïeul à fleurs blanches est nommé Gladiolus sinuatus. De l’autre côté du pont, les dames ont découvert un arbuste à jolies clochettes rouges, Halleria elliptica, une scrophulariacée. Il nous faut hélas, quitter cette merveilleuse montagne où parfois se promènent les amoureux de la nature. De retour à Stellenbosch nous allons au restaurant Doorn Bosch en dehors de la ville.

Hottentot-Holland-réserve
Hottentot-Holland : une partie de la réserve
Protea-nitida-à-Hott-Holland
Protea nitida à-Hottentots Holland
Ruisseau-de-Hottentots-Holland
Ruisseau de Hottentots Holland
Arbre calciné à Hottentots Holland
Arbre calciné à Hottentots Holland
Restionacée à Hottentots Holland
Restionacée : Elegia capensis au bord de la rivière à Hottentots Holland
Lichtensteinia-lacera-à-Hottentots-Holland
Lichtensteinia lacera à Hottentots Holland
Halleria elliptica
Halleria elliptica
Gladiolus-sinuatus
Gladiolus sinuatus

Samedi 9 décembre, nous portons nos pas si l’on peut dire, au Cap de Bonne Espérance. Bien garés sur un immense parking déserté en cette heure matinale, nous délaissons la voiture pour prendre un funiculaire qui nous conduit un peu en-dessous du phare. Pendant que mes compagnons grimpent pour l’atteindre, je me contente d’accéder à quelques points de vue d’où je prends des photos de l’océan dans lequel s’avancent des caps déchiquetés. Ceci fait, je descends alors par un sentier à peu près parallèle à la voie du funiculaire. Voici donc les inévitables Cotyledon orbiculata, et voilà des salicornes. Ensuite trois astéracées. L’une d’elles, bien caractéristique, est Oedera capensis. La deuxième, caractéristique elle aussi, reste malgré tout sans nom. Quant à la troisième, de même non identifiée, elle fait un peu penser à des soucis à feuilles très épaisses. On peut noter encore une fabacée à fleurs jaunes qui pourrait être Aspalathus laricifolius. Après quoi, ayant rejoint le parking, j’aperçois d’innombrables Leucospermum conocarpodendron, vus déjà à False Bay. C’est une des nombreuses et belles espèces du fynbos de plaine qui jusqu’à la mer s’étend. Et parmi les petites espèces bordant la route, on peut voir une jolie lobélie, mais laquelle ? Il y en a tant en Afrique du Sud ! Puis on aperçoit encore une astéracée, Metalasia densa probablement, et on peut même nommer une campanulacée à petites fleurs bleutées, Wahlenbergia tenerrima. Un lin ainsi qu’un hélianthème, tous deux à fleurs jaunes ne recevront pas de nom. Il en est de même pour un mésembryanthemum à fleurs d’un rose-mauve, mais pour lui, rien d’étonnant, quand on pense qu’à Kirstenbosch même, la plupart d’entre eux étaient restés non identifiés…

Cap-de-Bonne-Espérance-Phare
Cap de Bonne Espérance: le Phare
Cap-de-Bonne-Espérance
Cap de Bonne Espérance
Salicorne-de-Bonne-Espérance
Salicorne de Bonne Espérance
Oedera capensis
Oedera capensis au Cap de Bonne Espérance
Astéracée au Cap de Bonne Espérance
Astéracée au Cap de Bonne Espérance
Metalasia densa
Metalasia densa
Wahlenbergia-tenerrima
Wahlenbergia tenerrima

A midi, Odile que je viens de retrouver et moi-même, pique-niquons encore sur un banc, le long du chemin du phare. Peu après nous rencontrons, assis sur une belle roche de couleur ocre-rouge, Gérard mangeant un sandwich. Il est entouré de merles du Cap venant lui piquer sa nourriture jusque dans la bouche… Incroyable ! Autour de lui croissent de belles plantes telles Orphium frutescens, diverses restionacées et la belle et grande apiacée à ombelles jaunes, Peucedanum galbanum. Mais il est temps de partir… par une autre route. Peu après, arrêt pour admirer et bien sûr photographier d’immenses étendues blanches comme neige, qui du pied des montagnes dévalent jusqu’à l’océan. Une sorte d’immortelle, Syncarpha retorta est responsable de cette fabuleuse beauté. Dans les rares places libres, fleurit Erica cerinthoides aux belles corolles rouges et mammosa aux petites clochettes allongées d’un rose soutenu.

Gérard et les merles du Cap
Gérard et les merles du Cap
Peucedanum-galbanum
Peucedanum galbanum
Syncarpha-argyropsis-réserve-du-Cap
Syncarpha argyropsis – réserve du Cap
Syncarpha-argyropsis-réserve-du-Cap
Syncarpha argyropsis :réserve du Cap
Erica-cerinthoides-Réserve-Cap
Erica cerinthoides Réserve du Cap
Erica mammosa
Erica mammosa

Après, plus d’arrêt jusqu’à Villiersdorp où nous devons retrouver Madame Cummins contactée par Gérard et directrice d’un jardin botanique. Durant le trajet, Alain nous apprend que la péninsule du Cap a été décrétée depuis quelques années, Parc Naturel National, incluant même la ville de Cape Town. Toutefois aux alentours de Cape of Good Hope, l’accès à la côte est interdit. Seul un sentier permet d’accéder à une plage où l’eau est glacée et la baignade extrêmement dangereuse. A la sortie de Cape Town, la route file entre des dunes et la chance nous sourit : nous apercevons en effet un vol de cormorans pêcheurs puis un vol de vanneaux et pour finir un de goélands dominicains. Puis nous passons devant un lac à l’eau couleur de thé, d’où son nom de Teawater. A 15 heures comme prévu, nous descendons de voiture. Aussitôt arrive Madame Cummins, chargée d’une brassée de protéacées qui vont servir à illustrer un cours sur le fynbos. Après cela, nous partons sur ses pas, dans le jardin créé dans le fynbos même. La visite se fait au pas de charge. Alors que retiendrons-nous ? Quelques plantes que voici : Leucospermum erubescens, à pelotes d’épingles orange ; Leucadendron rubrum, que je pense avoir vu hier ; Protea repens à fleurs d’un blanc-jaunâtre ; Erica longifolia, proche d’Erica longiflora ; Phylica pubescens, rhamnacée à fleurs plumeuses; Montinia caryophyllacea de la famille des montiniacées et enfin une petite fleur rosée appelée Gerania bartifolia, introuvable actuellement sur internet : bizarre ! Avant de quitter les lieux, je ne manque pas de photographier un bidonville amélioré, s’étirant jusqu’au pied de la montagne. Je photographie encore un autre habitat : une termitière en forme d’œuf géant. Après quoi nous visitons la nursery (pépinière) où est en train de travailler le mari de Madame Cummins. Nos hôtes nous reçoivent ensuite dans leur grande et jolie maison située dans un vaste jardin avec pelouse ombragée par un chêne américain et ailleurs agrémenté de tout plein de belles fleurs dont une vipérine canarienne. Après thé et petits gâteaux dégustés dans le grand salon, l’heure du départ a sonné. De nouveau en voiture et arrêt au col de Franschhoek pour admirer en contrebas la petite ville qui s’assoupit dans la brume du soir. En face dans une échancrure de la montagne, apparaît la lune, blanche et pleine. Au pied des monts s’étend le fynbos. En bord de route une coupe dans celui-ci laisse apparaître des stries parallèles et obliques dans la roche dorée. Arrivés à Stellenbosch, nous dînerons ce soir dans une guinguette, à la faible lueur vacillante d’une bougie.

Villiersdorp-Maison
Villiersdorp : une des maisons du village
Réserve de Villiers Dorp : Leucospermum erubescens
Réserve de Villiers Dorp : Leucospermum erubescens
Protea repens à Villiersdorp
Protea repens à Villiersdorp
Erica-longifolia
Erica longifolia
Villiersdorp bidonville
Villiersdorp : bidonville
Villiersdorp : termitière
Villiersdorp : termitière
Villiersdorp : maison de M. et Mme Cummins
Villiersdorp : maison de M. et Mme Cummins
Région de Franksschoek
Région de Franksschoek

(suite)

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